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Silence tells more than a single word. [PV: Setsuna ~]

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Lun 30 Avr - 20:03
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderThere's nowhere to hide. Don't make me close one more door, I don't want hurt anymore. (I have nothing → Jessie J)Je me glisse dans une ruelle chinoise après avoir reçu un quartier libre de l'Inspectrice jusqu'au lendemain après-midi, pour que mon bras ait le temps de se soigner et que je me repose par extension. Une mission couronnée de succès malgré de lourds rebondissements. En souriant paisiblement, je marche vers une source d'eau en laissant ma sérénité s'imprégner autour dans mon regard et autour de moi à l'instar de volutes apaisantes dégagées par mon aura. Dans cette ruelle vide, silencieuse, longue, je coagule le sang qui s'échappe de mon bras jusqu'à le durcir. Un vent de fatigue souffle sur mon corps mais mon calme le repousse sans aucun mal. Je regarde autour de moi et entre rapidement dans une échoppe qui me rappelle tant de sentiments contradictoires et me ramène bien des années en arrière. Je m'y désaltère et j'y prends mon repas, renouant avec le propriétaire des lieux en entretenant une discussion paisible, ponctuée de sourires et d'éclats de rire intempestifs. Je jette un oeil sur l'horloge de l'établissement et quand je vois que les aiguilles se rapprochent dangereusement de quatorze heures et quart, je lui paie, m'excuse de devoir m'en aller maintenant et l'homme me sourit.

- « Ne t'excuses donc pas et n'hésites pas à repasser me voir dès que tu en auras l'occasion.
- Je n'y manquerai pas. Transmets mes pensées à Yuan lorsque tu le verras.
- Naturellement. »
, il me répond, avec un sourire que je connais.

Le mien fait fleurir mes lèvres, amusé et un brin malicieux, et j'incline respectueusement ma tête avant de prendre congé et de respirer l'air de cette même longue ruelle que je retrouve. Encore plus détendu qu'avant, je continue de la remonter. Un sourire léger effleure mes lèvres lorsque je sens la chaleur du soleil sur ma peau et je lève la tête vers ce ciel bleu aux quelques volutes de coton d'un blanc agréable à regarder, loin d'être aveuglant ou agressif comme dans certains lieux. Je finis finalement par sortir du village et un bruit d'écoulement d'eau régulier ne tarde pas à m'attirer. Je m'y dirige et je nettoie le restant de mon bras dans le ruisseau, jettant un oeil à la profonde estafilade qui barre désormais mon bras. Pas de complications en perspective, c'est déjà ça. Heureusement que mes vêtements n'ont pas été tâchés...

J'intériorise ma paisible respiration et je ferme doucement les yeux, dissimulant la lumière qui s'y est logée. Un léger sourire aux lèvres, je me redresse sans me retourner, sans rien dire. J'ai reconnu ce pas, léger, imperceptible. Cette respiration, ce rythme que je n'ai pas entendu depuis sept années. Quant à celle qui m'est inconnue... la connaître n'est plus qu'une question de temps. Elle est plus marquée, alors que sa démarche se calque sur la première. Plus bruyamment aux oreilles de celui qui sait écouter. Je rouvre les yeux pour regarder les dernières rougeurs de l'eau se dissiper totalement et être entraînées plus loin.

Je me retourne pour la regarder, aussi paisiblement et sereinement qu'à l'accoutumée, et je prends le temps d'ancrer mon regard dans le sien. De retrouver le froid paradoxal qui y règne. De l'envelopper de ma chaleur. Puis mes yeux dérivent vers le petit être à ses côtés, qui a eu un temps de réflexion suffisant, visiblement. À la lumière de compréhension dans ses yeux, ça ne peut être pour une autre raison. Il me sourit largement et je lui réponds de la même façon, alors que sa voix ensoleillée rompt le silence parlant qui s'est installé.

- « Papa ? », me demande-t-il en me pointant de l'index.
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Lun 30 Avr - 22:31


« Silence tells
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« Est-ce que les nuages aussi vont à la mer ? »

Setsuna releva tout doucement la tête, le regard rivé sur les quelques rares amas duveteux ondoyant lentement sous la voûte céleste, à des milliers de kilomètres au-dessus d'eux.
À peine offensifs, ils se détachaient de l'immensité azurée du ciel en un convoi paresseux qui suivait paisiblement sa route, poussé par un vent qu'elle ne sentait néanmoins qu'à peine, sur ses joues.

« … D'une certaine façon, oui. Mais pas ceux-là. »

Le silence qui s'installa entre eux amena Raiko à naturellement attraper la main de sa mère et cette dernière baissa ses yeux dans sa direction, néanmoins déjà certaine du sens de sa question.

« Tu l'as déjà compris, mon amour. »

Le sourire rayonnant qu'il lui renvoya mit fin à la discussion et elle se coula naturellement dans le silence qui suivit leur court échange. Si Raiko n'était pas plus intelligent que n'importe quel enfant, il n'en était pas moins incroyablement épanoui et ouvert à un monde qu'elle ne se lassait jamais de lui montrer, quelle que soit la question qu'il lui posait. Avec des mots biens à elle et cette étrange façon qu'elle avait de le mener aux réponses qu'il recherchait. Elle l'y guidait tout naturellement, sans jamais lui donner de réponse plus claire que celle que son jeune esprit développait. Et les sourires lumineux qu'il lui offrait suffisaient à l'emplir d'autant de tendresse que d'une imperceptible fierté.

« Ceux-là sont blancs, alors ce n'est pas de la pluie. Mais si ils étaient gris... Ils auraient coulé dans cette rivière et... Tu m'as dit que toutes les rivières vont vers la mer. »

Elle ne répondit pas, simplement parce qu'elle savait qu'il ne faisait qu'énoncer ses déductions à voix haute en attendant patiemment qu'elle le reprenne, s'il se trompait. Et parce qu'elle ne le fit pas, Raiko serra un peu plus la main de sa mère dans la sienne en continuant de suivre ses pas sur le petit sentier sinueux qui s'étendait sous leurs pieds. Jusqu'à ce qu'elle ne commence à ralentir, les muscles soudainement bien plus détendus mais le regard non moins aiguisé.

Un frisson impalpable courut sur la peau de Setsuna et elle atténua instinctivement la fermeté de ses doigts enveloppés autour de ceux de son fils. Elle l'avait senti, dès l'instant même où il avait bougé. Peut-être même avant, sans qu'elle ne soit d'abord capable de croire qu'il était aussi près. Alors son âme fut enveloppée d'une chaleur qu'elle n'avait jamais su oublier et son cœur entreprit lui-même d'avancer pour elle, vers un sourire qu'elle mourait de revoir depuis qu'elle l'avait quitté.

Et lorsque sa silhouette se dessina enfin face à elle, ni ses lèvres, ni son regard ne démontrèrent l'indescriptible sérénité qui submergea sa poitrine. Ses iris flamboyants restèrent figés en une indescriptible indifférence alors même qu'elle les perdait dans les siens. Frustrante pour qui ne la connaissait pas. Néanmoins ensevelie sous l'évidence que commença à hurler son corps dès l'instant même où Raiko relâcha ses doigts.

« Papa ? »

L'interrogation souleva imperceptiblement sa poitrine et elle laissa au silence le loisir de répondre à une question qui se colorait déjà de sens. Il n'y avait qu'à les regarder.

« … Tel père, tel fils. »

Elle n'eut pas besoin de lui dire tout ce que son cœur voulait lui hurler. Son corps le ferait. Il le faisait même déjà certainement, sans qu'elle ne soit capable de l'empêcher.
Sans qu'elle ne voulût l'empêcher.

Ses doigts imperceptiblement tremblants et sa voix bien plus éteinte que d'ordinaire trahissaient ce qu'elle était toutefois incapable d'exprimer. Et il le savait.
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Mar 1 Mai - 0:03
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderThere's nowhere to hide. Don't make me close one more door, I don't want hurt anymore. (I have nothing → Jessie J)La question tombe en me faisant arquer un sourcil amusé, avec un ton que je mets du temps à identifier. Quelques secondes pour comprendre que ce n'est pas vraiment une question, seulement un moyen d'obtenir une confirmation. Et mon sourire est la seule réponse que je me permets de donner, avec toute la sérénité que mon visage renvoie. Mes muscles se sont d'eux-mêmes détendus et je remarque les doigts de Himitsu trembler imperceptiblement. Mon sourcil s'affaisse et sa voix éteinte caresse le silence sans même le briser, comme elle en a le secret. Une lueur malicieuse brille dans mon regard à cette seule pensée et le coin droit de mes lèvres s'étire en un sourire amusé. Je ne cherche même pas à dire quoi que ce soit et je laisse mes jambes avancer, mes pieds fouler paisiblement l'herbe en caressant la terre à chacun de mes pas. Je m'accroupis devant le petit être lumineux en posant une main douce dans ses cheveux et en posant un genou au sol, laissant l'autre relevé. Mes yeux s'ancrent dans ceux de ce petit être qui continue de me sourire et pose sa main libre sur ma joue.

- « Papa.
- Fils. »
, je réponds en un murmure, posant une main sur ces doigts timides mais étonnamment chaleureux.

Je ferme alors les yeux, laissant la lumière envahir mon coeur et se disperser dans le restant de mon âme. Le silence me répond, bercé par l'écoulement de l'eau du ruisseau un peu plus loin. Je rouvre les yeux quand je sens ce petit être hésiter à enchevêtrer ses doigts dans les miens et je lui lance un regard paisible, tranquille. Il me regarde attentivement et un pli de concentration apparaît sur son front. Patiemment, j'attends qu'il se mette à parler. Dix secondes, puis vingt. Sans qu'une seule parcelle de mon être ne change d'attitude.

- « Pourquoi tes yeux ne sont pas de la même couleur ?
- Et pourquoi le seraient-ils ? »
, je lui réplique, amusé.

Ma simple question semble provoquer chez lui une vive réflexion et j'entrelace mes doigts avec les siens, en les laissant sur ma joue. Un sourire me répond et il finit par pencher la tête.

- « Je ne sais pas.
- Cela nous fait un point commun de plus. »
, je réponds en riant légèrement.

J'ôte avec douceur nos mains de ma joue et je me redresse. Je caresse les cheveux de ce petit être, déjà débordant de vie, au passage. De la main droite. J'ancre alors mon regard dans ces yeux toujours aussi froids et indifférents, dans ce rouge sang qui démontre à lui seul toute la vie qui pulse dans ce corps, dans cette âme, pour qui sait regarder. Je pose alors ma main sur sa tête, dans ses cheveux, dans un geste simple mais chargé de significations, puis je cale mon front contre le sien avec douceur. Pas besoin de mots pour s'exprimer avec elle, je sais que mon âme seule suffirait à lui faire comprendre ce que ma voix ne dit pas.
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Mar 1 Mai - 13:23


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Les secondes s'allongèrent, devinrent des minutes presque insoutenables emportant avec elles un poids que Setsuna avait pourtant cru ne jamais plus ressentir, au creux de sa poitrine.
De la peur, et de l'appréhension. Pourquoi ? Elle les avait étouffés, parce qu'ils n'avaient pas lieu d'être. Elle avait vécu à travers le sourire de Raiko parce que son existence seule avait suffi à percer le brouillard impalpable qui flottait constamment autour d'elle. Elle avait tenté de les ensevelir parce qu'elle n'avait aucune raison de douter, et ce ne fut qu'en les sentant désormais s'évaporer qu'elle comprit qu'ils n'avaient jamais réellement cessé d'exister.

Cette déduction lui arracha un désagréable frisson, sans toutefois l'amener à réellement bouger. Elle l'aurait senti, si le moindre mal lui était arrivé. Et quand bien même il était trop tard pour se conforter dans cette idée, Setsuna étouffa la frustration qui noua légèrement ses muscles en se perdant une fois de plus dans ce regard qui lui hurlait une évidence qu'elle n'avait même pas besoin de chercher. Pas plus qu'elle n'avait besoin d'y penser. Tout dans son être, dans son âme, et dans sa gestuelle vibrait de la même force que ce qui vibrait en elle-même.

Et sa main dans ses cheveux fut l'unique détail qui suffit à chasser la brume encore présente autour de son cœur. Comme une traînée de flammes, soufflée par le vent.
Setsuna s'offrit alors quelques longues secondes à tout simplement le regarder, à savourer tous les mots silencieux que ses plus simples gestes lui confiaient. À oublier ces sept trop longues années qui, au final, n'avaient rien changé. Et lorsqu'elle fut enfin satisfaite de l'avoir redécouvert une nouvelle fois, sa main retrouva sa joue en une caresse lourde de tout ce qu'elle lui vouait, remonta vers sa nuque afin de lui permettre d'y presser ses doigts. Comme pour le garder un peu plus près.

« Raiko. »  

Un seul mot qui paraît de sens l'éternité qu'elle avait cru vivre loin de lui. Un seul et unique nom qui les avait un peu plus éloignés, pour leur permettre de finalement mieux se retrouver. Elle ne lui avait pourtant pas voulu, à aucun instant. Il était entré dans sa vie avec une discrétion néanmoins lumineuse et elle s'était coulée dans sa tendresse parce qu'il avait fini par devenir tout ce qu'elle avait.
Alors elle lui avait donné le nom de l'aube, parce qu'il avait apporté à sa vie un nouveau souffle chaleureux, parce qu'il avait coloré ses journées et parce qu'il était, d'une certaine façon, un cadeau que l'homme qu'elle aimait lui avait laissé.

Un cadeau pour lequel elle voulût le remercier en rapprochant imperceptiblement ses lèvres des siennes, sans se cacher du fait qu'elle voulait également tout simplement les retrouver. Son souffle s'atténua imperceptiblement et... Elle s'arrêta presque instantanément, ramenée à la réalité par un petit mouvement vif de leur fils, à côté.

« Et Maman ne s'appelle plus Himitsu. C'est Setsuna, maintenant ! »
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Mar 1 Mai - 14:59
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderThere's nowhere to hide. Don't make me close one more door, I don't want hurt anymore. (I have nothing → Jessie J)La découverte de l'éternité. C'est ce que ses yeux me murmurent, derrière un voile de doute, de frustration, créé par un nuage de peur qui se dissipe lentement, remplacé par l'évidence. L'évidence de l'éternité. Je lui souris paisiblement, laissant son âme interpréter la chaleur de ma sérénité et la lumière de mon âme. Laissant son coeur interpréter la clarté de mon silence comme lui seul sait le faire. Et je la redécouvre à mon tour. Cette indifférence qui n'est ni un masque, ni une carapace, seulement une part d'elle-même. Ces yeux froids qui ne sont issus ni de la méfiance, ni d'une protection, mais qui traduisent sa capacité innée à prendre du recul et jauger les événements à leur juste valeur. Je laisse notre échange de regards remplir quelques secondes d'éternité puis je pose avec douceur mon front contre le sien en fermant les yeux, caressant tranquillement ses cheveux de ma main libre. Moi aussi... Je sens les doigts du petit être resserrer leur emprise sur mes doigts et un regard discret me permet de voir tout l'émerveillement du petit être que son expression clame à l'univers. Une brise, joueuse, se glisse vers nous, repart, pour revenir avec plus de douceur, s'en aller... et revient avec une moue taquine. Mes paupières se ferment d'elles-mêmes à nouveau, aussi heureuses que moi de retrouver cette éternité que ma mémoire n'essaie plus d'obstruer.

Un sourire fleurit sur mes lèvres quand sa main effleure ma joue avant de s'y poser et de la caresser. Je penche légèrement ma tête, pressant ma joue dans sa paume froide, et la redresse quand ses doigts se fondent dans ma nuque. Un rire léger m'échappe. Je n'ai pas l'intention de m'en aller. Le seul mot qu'elle prononce ne me fait pas réagir dans mon expression, ni dans mes gestes, ni dans mes actes. Seulement mon âme qui rit joyeusement même si je n'en laisse rien paraître. Raiko. Je ferme mes paupières et je laisse mon esprit faire rouler ce mot dans mes pensées. Raiko. Mon âme finit par jaillir, déborder, exploser et un petit sourire, et un léger sourire, et un calme sourire, étire lentement un coin de mes lèvres. Raiko... Je décolle mon front du sien sans cesser de la regarder. La finesse de cette signification, tous les sens qui émergent de ce simple prénom, me laissent immobile. D'un marbre paisible, serein, étonnamment chaud. Je la regarde s'avancer et une lueur malicieuse brille dans mon regard, alors que ma main se perd dans ses cheveux, les caressant jusqu'à se glisser sous son bras et accompagner son approche d'une main douce au creux de ses omoplates.

Ma respiration paisible et calme épouse celle de Himitsu... qui s'arrête alors que le petit être s'exclame joyeusement, comme pour corriger mes propres pensées. Je coule mon regard vers lui le temps de sa révélation. Setsuna ? Un grand sourire aux lèvres, le petit être lumineux semble fier du moment choisi pour placer sa phrase. Setsuna. Un rire doux, vaporeux, sort de mes lèvres pour caresser le visage que je retrouve du regard... et mes lèvres franchissent le mince espace restant, dissipant mon hilarité par la même occasion. Je me laisse le temps de la retrouver, de sentir mon coeur, entraîné par mon âme, fusionner avec le sien. Je me laisse le temps de retrouver cet océan de paix, je laisse cet océan de paix épouser mon chemin, mon être, sans jamais le submerger. Et seulement quand le temps de ces retrouvailles est achevé, je recule mes lèvres des siennes. Quant à... mon fils... je laisse cette vérité inonder mon esprit et s'incorporer à ma sérénité naturelle. Quant à mon fils, pensais-je donc, il finit par lâcher ma main et me tapoter le bras.

- « Papa, qu'est-ce que tu as fait à ton bras ?
- Ce n'est rien, fils.
- Mais c'est rouge !
- Oui.
- Et ça ne coule pas.
- Aussi. »


Je regarde le petit être réfléchir, son regard dérivant vers les nuages tandis que mon pouce trace de paisibles cercles dans le dos de Setsuna. Setsuna... Pur paradoxe de se rendre compte que ce prénom est porté par le glas de l'évidence lorsqu'il la désigne. Le silence fond comme neige sur volcan lorsque le petit être reprend la parole en me regardant droit dans les yeux.

- « Quand tu dis que ce n'est rien, tu dis aussi que ce n'était donc pas rien. »

Je ne réponds pas, gardant simplement un sourire tranquille aux lèvres, et mon fils... mon fils... comprend. Il plonge néanmoins la lumière de ses yeux dans ceux de sa mère pour guetter son approbation. Adorable.
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Mar 1 Mai - 18:59


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Elle n'avait qu'à écouter les murmures de son cœur et les aveux que lui offraient ses yeux, comme elle l'avait toujours fait. Pour s'aventurer sur le chemin qui s'éclairait devant elle à chaque fois même que ses yeux se perdaient dans les siens et pour s'envelopper dans la tendresse muette que ses gestes lui offraient. Pour enfin se sentir complète et pour comprendre tout ce qu'il n'avait jamais eu besoin de lui expliquer avec des mots sûrement incapables de véhiculer tout ce que leurs âmes s'exprimaient.
Alors elle ne s'étonna pas de n'avoir pour retour qu'un sourire porteur de bien plus de réponses que celles que sa voix aurait pu lui transmettre, lorsqu'elle lui annonça le nom de la petite étoile qui rayonnait près d'eux.
Au lieu de quoi, Setsuna se délecta simplement de la joie qui étirait ses lèvres jusqu'à finalement se muer en un rire presque trop clair pour être réel, quelques minutes après. Un rire qu'elle entendît se réverbérer dans son esprit pour faire un peu plus vibrer son âme de tout l'amour qu'il savait éveiller en elle, par le simple fait d'exister.

Ses propres lèvres se découpèrent alors en un imperceptible sourire et elle lui offrit tant bien son bonheur que toute la douceur qu'il savait éveiller en elle, lorsque sa bouche retrouva enfin la sienne.
Et là non plus, rien n'avait changé. Son cœur continuait de lui hurler qu'il l'aimait alors même qu'elle perdait ses doigts dans ses cheveux, comme à chaque fois qu'elle l'embrassait. Comme à chaque fois qu'elle sentait son âme compléter la sienne de cette même indescriptible kyrielle d'émotions à laquelle elle aimait s'abandonner.
Prenant son essence là où tout son être même débutait, elle s'insinua dans chaque particule de son corps pour se répandre jusque dans sa poitrine en un amour qui déferla avec tant de force que Setsuna manqua un moment de perdre pied. Presque. Le monde cessa d'exister autour d'elle pourtant, la petite vie qui s'émerveillait près d'eux fut la seule limite invisible entre ce qui était réel et ce qui ne l'était pas. Et Setsuna s'ouvrit de nouveau à la réalité.

Le sourire à peine plus visible qui s'empara alors de ses lèvres murmura au monde tout l'amour qu'elle sentit chanter en elle et elle cala calmement sa tête contre celle de celui à qui son cœur appartenait, les yeux rivés sur leur fils, dont les yeux s'illuminaient d'une nouvelle curiosité. Tu n'y aurais pas échappé.
Elle le savait, qu'il n'était pas en train de se dérober. Que s'il décidait que quelque chose n'était « rien », alors l'information n'appelait ni argumentation, ni retour. Et la déduction qu'apporta néanmoins Raiko à l'affirmation de son père fut la preuve même du fait qu'il n'avait pas besoin de bien plus pour comprendre ce qui était pourtant évident.

Alors, lorsqu'il releva les yeux vers elle, Setsuna ne lui offrit qu'un simple hochement de tête pour réponse à la question silencieuse que ses yeux venaient de lui poser.
Le nouveau sourire joyeux qui éclaira de fait son visage fut semblable à un rappel des multiples raisons pour lesquelles elle l'aimait et, sans un mot de plus, Setsuna glissa l'une de ses mains contre sa joue, afin de tendrement la caresser.

« — … Ne t'inquiètes pas, Maman s'occupera de cautériser la plaie.
— Cautériser ?
— La brûler pour l'aider à se refermer.
— Oh..., répondit tout naturellement Raiko sans sembler plus troublé. »

Quelques secondes s'écoulèrent au cours desquelles Setsuna attendit alors patiemment la suite de ce qu'elle savait être une remarque qui ne manquerait assurément pas de l'amuser.

« Maman, c'est pas bien de mentir, tu sais ? »

Elle ne lui répondit que par un vague souffle du nez. Sa façon à elle de rire tandis qu'elle glissait ses doigts le long du bras intact de Kuro, pour aller chercher sa main.
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Lun 14 Mai - 21:27
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderWe're a thousand miles from comfort, we have traveled land and sea, but as long as you are with me, there's no place I'd rather be. (Rather Be → Pentatonix)Je souris paisiblement en descellant mes lèvres des siennes, caressant sa joue du revers de mon index alors que son sourire envoie un souffle jusqu'aux fondements de mon être. Mon pouce trace de lents cercles entre ses omoplates, comme pour lui indiquer qu'elle peut perdre pied si telle est la courbe que prend son chemin, comme pour lui indiquer avec une infinie tendresse que ses pieds la portent toujours, comme pour lui signifier que je suis là et que je l'ai toujours été. D'un geste infime, c'est mon... mon fils qui se manifeste telle une lumière incandescente qui sait se faire oublier tout en irradiant les lieux de sa présence. Une curiosité pure découlant sur une fine justesse ; pas de question, seulement un constat... accompagné d'un regard demandant correction s'il y a besoin. Adorable. Je pose ma tête sur sa jumelle, fermant les yeux assez tôt pour pouvoir savourer le présent et assez tard pour pouvoir voir une lueur aussi puissante qu'un crépuscule rayonner du sourire de mon fils. Mon fils... Il m'offre un regard éblouissant lorsque je rouvre mes paupières, une seconde comme un éternité plus tard, et j'y plonge sans retenue, découvrant une myriade de sensations avec bonheur.

Setsuna accompagne avec douceur ces sensations en caressant la joue de m-... notre fils... un sourire heureux entoure ce constat et je prends le temps de m'en délecter avant de reprendre mes observations. Je suis leur échange sans y prendre part et je laisse le petit être se perdre dans ses pensées, réfléchissant à ce que vient de lui dire sa mère. Une réflexion qui m'a fait arquer un sourcil tant elle m'a amusé d'ailleurs. Je sais pertinemment qu'elle est capable de me cautériser la plaie tout en sachant qu'elle ne le fera pas. Je ris vapoureusement, avec la légèreté d'un subtil rêve émergeant dans un esprit éveillé, ravi de retrouver les paradoxes qui m'entourent lorsqu'elle est à mes côtés. Autant de paradoxes qui ont permis à ma clarté de se développer sainement, engrais qu'elle semble utiliser également sur notre fils au vu de la pensée qu'il offre à sa mère. Le souffle de rire qui en résulte chez elle est plus audible chez mon rire, clair et carillonant, qui résonne et se réverbère sur l'écorce et les feuilles autour de nous. Je laisse les doigts de Setsuna glisser le long de mon bras pour chercher les miens et, une fois fait, je fusionne mes doigts tant aux siens qu'à sa main. Mon rire se tarit assez vite, comme un nuage passager porté par un vent bien plus fort que lui.

- « Papa ?
- Mon fils ? »
, je lance de ma voix paisible.

Raiko se tait et me regarde avec une lueur surprise puis heureuse sur tout son visage. Ai-je déjà dit qu'il est adorable ? Je lui souris simplement et il prend le temps qu'il lui faut pour correctement apprécier mes mots. Cela fait, il reprend comme s'il ne s'était pas interrompu. Je poursuis les caresses que mon pouce faisait tantôt dans le creux des omoplates de Setsuna sur le dos de sa main, d'un mouvement serein et tranquille.

- « Mon papa ?
- Mon fils ?
- Est-ce que les nuages vont vers la mer ?
- Les nuages vont là où le vent les porte.
- Ce qui inclut la mer ?
- Tu en doutes ? »


Il nous regarde puis lève ses yeux vers les nuages qui défilent au-dessus des feuillages. Le silence et le calme s'installe, amplifiant ma sérénité chaleureuse. Je regarde Raiko faire puis, un sourire aux lèvres, son regard revient vers moi.

- « Non. Je voulais simplement ton avis. Et...
- Oui ?
- Est-ce que c'est un vent qui t'a poussé à partir ? »


Je le regarde sans rien dire, prenant le temps de réfléchir et de peser mes mots. Je tourne légèrement ma tête pour embrasser la joue de Setsuna, lui signifiant ainsi silencieusement que j'approuve l'éducation qu'elle prodigue à notre fils. Débordant d'une curiosité pure, en parfaite harmonie avec la pulsation de son coeur et de ses réflexions. Je bouge à nouveau mon visage pour qu'il revienne faire face à Raiko, qui m'observe sans rien dire, tête légèrement penchée de côté.

- « Oui. Un vent puissant, invisible, impalpable, sur lequel j'ai décidé de me laisser porter. Cela dit...
- ... »


Il me regarde sans rien dire, conscient que je n'ai pas fini de parler et me laissant ainsi m'exprimer autant avec le silence qu'avec les mots. Un silence qu'il essaie d'apprécier à sa juste valeur avant de l'épouser, un silence où je continue de caresser sereinement et tranquillement le dos de la main de Setsuna.

- « ... tu n'es pas vraiment parti.
- En effet.
- Maman, tu en penses quoi ? »
, demande le petit être en tournant sa lumière vers elle.
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Mar 15 Mai - 16:46


« Silence tells
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Il avait ce même sourire, renversant et pourtant infiniment léger. Celui-là même qu'elle lui avait connu et qu'il arborait déjà, lorsqu'il la défendait. Lorsqu'elle l'avait regardé un peu plus s'ouvrir au monde avec la même clarté que celle qui brillait jusque dans ses rires.
Elle lui avait tenu la main, l'avait accompagné sur le chemin qu'il avait décidé de fouler, sans jamais le guider. Elle avait été la réponse à certaines de ses questions et il avait été son évidence à d'autres. Ils s'étaient tous deux découverts et, finalement, elle n'avait pu que l'aimer, infiniment. Pourtant bien moins que tout ce qu'elle pouvait ressentir maintenant.
Amour sincère. Passion innocente.
Sans pourtant que ces mots à eux seuls ne soient capables de décrire l'immuable sensation qui, même après un peu plus de sept années, faisait battre son cœur de la même façon.

C'était en lui qu'elle se retrouvait. C'était avec lui qu'elle était complète et c'était dans ses sourires qu'elle voyait la beauté d'un monde qu'elle s'était lassée de regarder. Pourtant, plutôt que de lui dire, Setsuna lui offrit silencieusement tout ce que son être lui vouait. Ses doigts s'entremêlèrent aux siens en un geste d'un naturel presque évident, comme si elle cherchait à retrouver une partie d'elle-même. Et elle se laissa aller à tous les messages qu'il lui soufflait par la seule présence de ses mains contre sa peau. Mon chemin est le tien. Alors oui, elle s'y perdrait. Mille fois, si elle le pouvait. Sûrement plus, si l'éternité le lui permettait. Mais la patience de Raiko n'est que celle d'un enfant.

Fait qu'il lui prouva en assaillant une fois de plus son père de questions et, sans un mot, Setsuna perdît son regard dans l'innocente clarté qui émanait du sourire de la petite étoile qui s'était posée à ses côtés, sept ans auparavant. Le baiser que lui accorda Kuro donna une nouvelle ampleur à son sourire, souffla sur les quelques parts d'ombre qui régnaient encore sur son cœur pour les remplacer par une joie qu'elle avait presque oublié comment ressentir. Raiko était la finalité parfaite de l'harmonie de leur relation. Sans pourtant leur appartenir. Et elle aimait jusqu'au simple fait d'écouter le silence qui impliquait ses plus profondes réflexions.

Attentive à leur échange, Setsuna remonta alors paisiblement sa main de libre contre le torse de Kuro, comme par automatisme. Geste qui traduisait tant son affection qu'un remerciement muet qu'elle n'avait pas réellement besoin de lui signifier. Merci. De lui avoir offert la plus brillante des étoiles, pour guider ses journées. De s'emparer de tout ce qu'elle était sans jamais lui donner l'impression d'appartenir à qui que ce soit. D'avoir laissé en elle ce qu'il avait fallu à l'éducation d'un fils qui, finalement, avançait sur un chemin semblable à celui qu'ils avaient eux-mêmes emprunté. Murmures néanmoins muets qu'elle mêla à de délicates caresses du bout de ses ongles, tandis que son pouce caressait sa main en un mouvement aussi lent que d'une infinie tendresse.

Et une fois de plus, ce fut Raiko qui s'appropria ses regards et ses pensées. Est-ce qu'il était parti ? Non. Jamais. Il avait vécu, tout simplement. Selon ce que ses choix et son cœur lui indiquaient. Il n'était jamais parti puisqu'il avait vécu en elle. En eux. Il n'était jamais parti parce que ce n'était pas le mot qu'il était convenable d'employer. Mais ils le savaient, alors elle s'en moquait.

« … Tu te rappelles de ce que je te disais, lorsque tu demandais où était ton papa ? »

Réponse évidente.

« Qu'il est dans mon cœur, dans le tien, et même... À travers moi. »

Setsuna hocha la tête, patiente. Et ne reprit la parole qu'une fois certaine d'être écoutée, et entendue.

« — Qu'est-ce que tu en déduis ?
— … Que toi aussi tu penses qu'il n'est jamais parti.
— Et ? »

Nouveau silence. Les adorables yeux de leur fils se colorèrent d'une intense réflexion alors qu'il les relevait vers le ciel et elle s'offrit quelques secondes de tendresse pour glisser un baiser contre la mâchoire de celui qu'elle aimait.

« — Et que ce n'est pas partir. C'est juste le vent qui l'a poussé.
— Ce même vent qui l'a finalement ramené à nous, murmura-t-elle. »

Son regard s'illumina d'une lumière aussi renversante que son sourire, sans qu'il ne se risque néanmoins à briser le silence qu'elle avait volontairement imposé entre eux.

« Il n'est pas parti parce qu'il ne nous a pas quittés, souffla-t-elle simplement en serrant sa main dans la sienne. »
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Mar 15 Mai - 20:59
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderWe're a thousand miles from comfort, we have traveled land and sea, but as long as you are with me, there's no place I'd rather be. (Rather Be → Pentatonix)La main qui revient vers mon torse ne fait pas dévier mon regard de Raiko mais lui apporte plus de profondeur, une sorte de dimension indescriptible et inexplicable. Indéfinissable par les mots qui sont bien trop étriqués pour comprendre ne serait-ce ce que cette dimension étoilée représente, ce que cette construction de fenêtres signifie. Répondant paisiblement à notre fils et à son ouverture au monde qui l'entoure, sans cesser mes caresses sur le dos de la main de Setsuna, mon sourire s'agrandissant imperceptiblement répond à la délicatesse dont font preuve les doigts de mon aimée sur mon torse, que même mes vêtements ne sauraient arrêter malgré le caractère infime de son geste. Je la laisse mener la suite de l'échange, observant l'émerveillement et la rigueur s'harmoniser dans les yeux de ce petit être lumineux. Un savant mélange que je suis heureux de trouver dans des iris aussi vivants. Un souffle amusé sort de mes narines alors qu'elle vient embrasser tendrement ma mâchoire, auquel je réponds en passant mon bras indemne autour de ses épaules, sans lâcher ses doigts et sa main, ni cesser les caresses de mon pouce. Ma réponse silencieuse est désinvolte, saupoudré d'un brin de malice et d'une pincée mesquine, mais je doute que la signification d'un tel geste lui échappe. Je t'aime aussi.

La conclusion de la réflexion de notre fils me fait rire, un rire qui ne s'entend pas au vu de mes lèvres scellées mais qui se comprend au rythme des expirations qui sortent de mon nez. La manière que Raiko a de se distancier de l'événement sans même s'en rendre compte est admirable. C'est juste le vent qui l'a poussé. Clair, concis, précis et, plus important, vrai. Le murmure de mon âme jumelle ne me fait pas réagir et je laisse la suite de l'échange se poursuivre, l'enrobant de ma paisible sérénité. Mon corps s'avance et se détache de celui de mon évidence, gardant seulement nos doigts d'entrelacés. Nos doigts et nos âmes. Raiko me lance un regard interrogateur en me voyant approcher et me baisser à sa taille, avant que je ne le serre contre moi de mon bras libre. Une douce étreinte, une chaleureuse étreinte qui le surprend avant de me la rendre avec une force pure, rassurée, d'une puissance insoupçonnée malgré les bras qui se posent simplement autour de moi pour me serrer. Un sourire attendri fleurit sur mes lèvres alors qu'il se blottit contre moi.  

- « Papa ?
- Mon fils ?
- Il y a quelque chose que je ne...
- Pose directement ta question, mon fils. Les détours sont inutiles, ici.
- D'accord. Je la refais.
, dit-il en marquant un temps d'arrêt pour se blottir encore plus contre moi, laissant le silence s'installer avant de le sublimer. Si tu n'es pas vraiment parti, pourquoi ai-je l'impression de te trouver ? »

Je ne réponds pas, du moins pas oralement, et me contente de détacher ma main de celle de Setsuna. Aucun mot ne peut apporter un élément de réponse à une question pareille, à part ceux du vent et des étoiles. De mes bras libres, j'entoure mon fils et le serre contre mon coeur. Puis, paisiblement, tranquillement, je me mets à chanter. Le chant est un partage. Un des possibles partages entre deux coeurs, deux âmes. Je finis par m'asseoir, lui sur mes genoux, et poser mon front sur son épaule en même temps que lui, continuant de chanter. Notre étreinte sort de la trame temporelle, comme prédestinée à l'éternité, comme si elle avait toujours été là et qu'elle restera toujours là. Raiko ne dit rien et comprend. Il arrive à interpréter mon silence et mon geste, je le sens, je l'entends même à sa voix qui s'unit à la mienne. Aucun mot ne saurait décrire la communication des âmes, ni si elle s'est achevée quand nous avons cessé de chanter au même moment. Son visage s'enfouit alors dans mes vêtements et je caresse son dos en de lents gestes apaisants et rassurants. Je suis là. Et, alors que je sens mon épaule s'humidifier dans un silence magnifique, je pose avec douceur ma main sur sa tête. Je l'entends renifler et serrer plus fort ma chemise entre ses doigts.

- « N'essaies pas de les retenir.
- ... pourquoi ?
- Parce que des larmes aussi belles ne doivent pas être endiguées...
, je lui réponds paisiblement, reculant mon visage pour pouvoir regarder notre fils, ... et parce que de telles larmes ne peuvent être retenues. », je termine avec un sourire. Douceur, respect, harmonie.

Je le vois essayer tout de même, sourire à son tour avec une sincérité qui fait chavirer mon coeur... et pleurer de plus belle. Dans un silence parfait, un silence respectant le flot en lui qui déborde alors que je tends mon bras vers Setsuna dans une invitation silencieuse qu'elle accepte, Raiko revient vers nous deux pour se blottir contre nous et continuer de verser ses larmes sans bruit, entouré par notre tendresse. Apprends, mon fils. Apprends à pleurer. Je reste ainsi, caressant le dos de cette lumière inchangée, de ces bras qui nous enserrent, et de ces larmes qui s'apaisent d'elles-mêmes peu à peu. Je pose ma tête contre celle de Setsuna et je regarde notre lumière se laisser envahir par l'apaisement et diriger ses yeux vers moi. Sans les essuyer. Je lui souris et je boise mon regard dans le sien. Oui, mon fils ?

- « Merci.
- Avec plaisir.
- Vraiment ?
- Oui.
- D'accord. »


Restant blotti contre nous, il ferme ses paupières et se laisse aller durant quelques instants, allumant une étincelle dans mon regard. Raiko a définitivement hérité de ma chaleur corporelle... un petit rire, vaporeux, s'échappe de mes lèvres comme une brise à ma réflexion. Découverte. De moi-même, des autres. Découverte, envie de découvrir, plaisir de découvrir. Bonheur. Les paupières du petit être finissent par se rouvrir et son regard se dirige lentement vers le ciel avant qu'il ne se pose sur nous.

- « J'ai faim... Est-ce que pleurer donne faim ? »

Eh bien dites donc, tel père tel fils. N'est-ce pas, Setsuna ? Je réponds à Raiko par un rire carillonnant, aussi clair et limpide qu'une eau de source.
Je vous aime.
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Sam 19 Mai - 11:00


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« — Est-ce que tu étais triste, quand il est parti ?
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce que je savais qu'il reviendrait. Et qu'être triste n'aurait rien changé à son départ. »


Elle l'avait poussé à s'en aller, d'une certaine façon. Avec des mots que certains auraient jugés bien trop secs mais qu'il avait su lire avec la même facilité que l'évidence qui s'était dessinée avec les courbes de son ventre, quelques mois après. Elle n'avait jamais considéré qu'il était parti, tout simplement parce que ce n'était pas ce qu'il avait fait. Et c'était avec un soulagement non feint qu'elle observait Raiko le réaliser, quand bien même elle n'en avait pas douté. Jamais. Elle avait eu peur, simplement. Légèrement. Le temps qu'il comprenne et que son esprit soit assez pur pour comprendre que son père ne l'avait pas abandonné. Pourtant, à aucun moment l'idée n'avait semblé effleurer son esprit. Raiko s'était épanoui à travers un enfant attentif et éveillé et Setsuna lui avait naturellement confié tout ce qu'il avait besoin de savoir.

Et il a très vite compris que je t'aimais. Sa main dans la sienne sembla chercher à le lui confier à travers une énième étreinte et elle le laissa silencieusement s'éloigner d'elle, pour mieux retrouver leur fils. Pour mieux l'aimer et pour lui offrir des évidences mélodieuses auxquelles Raiko répondit à travers des larmes aussi belles que vraies.
Bien assez pour faire naître une lueur sincère au sein des yeux de sa mère.
Tendresse. Amour. Pureté.
Elle n'était complète que parce qu'ils existaient. Elle ne vivait qu'à travers eux et, loin de s'en blâmer, elle s'y plaisait. Parce que personne ne lui en voudrait.

Elle s'avança alors naturellement lorsque Kuro lui offrit son bras, retrouva leurs chaleurs à tous les deux en fermant les yeux. Entière. Son univers reprenait forme et son éternité se figeait. Elle aurait pu rester, longtemps. Les tenir dans ses bras tant que Raiko aurait besoin de pleurer, et tant qu'elle aurait besoin de les aimer. Garder sa jumelle près d'elle un peu plus longtemps et laisser à son âme le temps de la retrouver. Mais il n'y avait que son temps à elle qui s'était arrêté et, comme pour le lui rappeler, Raiko la ramena sur Terre avec la même innocence que celle qui auréolait chacun des regards qu'il portait sur le monde qui les entourait. Tel père tel fils, oui.
Le rire de Kuro résonna dans sa tête comme un énième appel à l'amour et elle déposa un nouveau baiser contre sa peau, le temps de lui répondre. De laisser son corps lui murmurer, encore, qu'elle l'aimait aussi.

« Qu'est-ce que tu en penses ? »

Raiko se lova un peu mieux contre eux et elle se laissa envelopper par la température agréable de leurs deux silhouettes contre la sienne.

« — Je pense que oui.
— D'accord.
— Vraiment ?
— … Personne ne te connaît mieux que toi-même. »

Il la regarda un moment, l'air de chercher à comprendre les multiples sens qu'elle avait accordés à sa réponse et elle laissa quelques secondes s'écouler avant de néanmoins se pencher sur lui. Ses lèvres rencontrèrent son front en un baiser délicat et elle perdit son regard dans le sien. Tu es libre d'avoir faim, soif, chaud, ou même froid. Ces réactions n'appartiennent qu'à toi. Tu es toi et personne n'a le droit de te dire si oui ou non les choses sont comme ça.

« — Tu as faim, quand tu pleures ?
— Je ne pleure pas.
— Pourquoi ? »

Elle ne répondit pas, resserra son étreinte autour d'eux et ferma les yeux. Quelques secondes.

« Parce que je n'ai pas de raison de le faire. »

Un nouveau sourire reprit place sur ses lèvres, serein. Empli d'amour et d'une lumière que seuls eux lui connaissaient.

« Et parce que les tiennes sont assez belles pour empêcher aux miennes de couler. »

Là-dessus, Setsuna redressa calmement sa tête en direction de Kuro, glissa ses yeux sur chaque traits, aussi infimes soient-il, de son visage. Comme pour le retrouver. Tu n'as pas changé. Ses lèvres se posèrent contre les siennes en un baiser aussi fugace que malicieux et elle enfouit sa tête au creux de son cou, afin d'y murmurer :

« Mais j'ai tout de même faim, moi aussi. »

À croire que nous nous sommes bien trouvés.
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Dim 20 Mai - 20:45
Serenity all around you...Kuro Kai & Setsuna MistriderWe're a thousand miles from comfort, we have traveled land and sea, but as long as you are with me, there's no place I'd rather be. (Rather Be → Pentatonix)La caresse voluptueuse et douce qui imprègne ma peau adoucit mon rire carillonnant, qui se fait plus léger jusqu'à disparaître derrière un sourire enjoué et paisible. J'entoure de plus belle mes bras autour de ces êtres, de ces deux âmes, au plus près de mon coeur en me réjouissant de la lumière émanant de cette étreinte. De notre étreinte. La question de notre fils résonne encore dans mon esprit, nuançant mes lèvres qui forment un sourire amusé à ce souvenir que Setsuna me rappelle par une question, quand bien même elle ne m'est pas adressée. Une question simple, ouverte, aussi précise que vaste. Encore un paradoxe que je suis heureux de retrouver et que je me contente d'apprécier en spectateur, ne jugeant pas bon de réagir autrement qu'en préservant la lumière de notre tendre réunion. La fraîcheur de mon âme jumelle accueille aussi bien que ma chaleur la recherche de confort et de réconfort, d'amour parental et de démonstration de tendresse, de notre fils. Je participe à la suite de leur échange avec ma seule sérénité, qui a déjà incorporé leurs présences pour répandre une lueur nouvelle, plus discrète, plus impalpable mais perceptible à qui sait observer. Je n'ai pas à m'impliquer plus dans un partage qui leur appartient.

Je sens le regard de Raiko chercher le mien, cherchant une approbation silencieuse que je lui offre à travers une furtive étincelle traversant mon regard durant un court instant, une demi-seconde tout au plus. Sa lumière se dirige vers celle de sa mère, qui lui embrasse tendrement le front. Cette vision attendrit mon sourire. Oui, c'est bon de vous retrouver. La suite de leur partage me fait arquer un sourcil amusé et mon regard malicieux coule vers le visage de Setsuna. Voyez-vous ça... Un léger souffle amusé s'échappe de mes narines ; je sais pertinemment qu'elle pense et pèse chaque mot qu'elle nous offre mais sa manière de le dire est bien trop tentante pour que je ne me risque pas à la taquiner, silencieusement si ce n'est pas oralement. Quand elle nous serre de plus belle dans ses bras, mon expression s'adoucit et je réponds tendrement à ce geste, fort et léger à la fois, comme au constat qu'elle prononce quelques secondes plus tard. La sérénité qui imbibe ses lèvres fait chavirer mon âme et je lui offre la lumière de mon coeur en retour à travers le sourire tranquille qui est né suite au sien. Un léger sourire se forme imperceptiblement au coin de mes lèvres au beau constat qu'elle nous offre en suivant mais je ne réagis pas plus, la laissant observer les traits de mon visage sans ciller et sans lever mes yeux de notre fils qui m'offre les siens.

- « Est-ce que des larmes sont plus belles que d'autres ?
- Précises ta question.
- ... est-ce que les larmes d'une personne sont plus belles que celles d'une autre personne ?
- Est-ce qu'une personne est plus belle qu'une autre ?
-  ... »
, il ne me répond pas, me faisant légèrement sourire.

Il sourit à son tour, illuminant notre étreinte d'une lueur de compréhension et de réflexion, et mes lèvres se tournent pour trouver ses soeurs, vives et taquines. Alors qu'elles m'échappent, je les effleure des miennes malicieusement, laissant ensuite Setsuna enfouir son visage dans mon cou. Je lui caresse les cheveux et, en parfait accord avec l'univers, je me redresse souplement en l'entraînant avec moi. Comme si je n'aurais pas pu agir autrement, comme si c'était le seul geste à faire pour ne pas apporter une discordance à notre éternité. Raiko se lève à son tour et il penche sa tête de côté en voyant l'éclat de malice dansant au fond de mes yeux.

- « Papa, il y a quelque chose de drôle ?
- Oui.
- Quoi ?
- Il semble que je sois le seul à ne pas avoir faim.
, je réponds, soufflant mon rire pour l'atténuer et lui donner un aspect vaporeux, léger, gentiment taquin.
- D'accord. », il me répond avec un sourire éblouissant, laissant son rire silencieux dans ses yeux. Adorable.

Mon corps se tourne légèrement, se mettant de profil par rapport au chemin menant au village que j'ai quitté, et mes paupières se ferment à demi sans dissimuler la réflexion qui m'habite. Aller à ce village comme à un autre est une mauvaise idée, les espions du Vatican y pullulent... mais, d'un autre côté, ne pas y aller peut s'avérer encore plus suspect. J'ai compris la logique du Central, ma compréhension s'affinant avec le temps, mais y aller tout de suite ne me semble pas non plus être une bonne idée. Je me laisse le temps de peser les différentes possibilités qui s'offrent à moi avant qu'un apaisement vienne résoudre ma réflexion. J'ouvre pleinement mes paupières, transmettant au moins en partie ma réflexion à Setsuna par le regard que je lui offre.

- « Tu peux attendre ou pas ?
- Je peux mais...
- Je vois... est-ce que tu as reconnu deux plantes comestibles dans notre environnement ? »


Je le regarde observer les alentours, le suivant de mes yeux adoucis et tranquilles.
Calmer sa faim est un bon début, l'action se fera naturellement en suivant.
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Jeu 9 Aoû - 1:43


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Raiko se plongea dans une réflexion si intense que Setsuna se surprit presque à admirer le calme, serein, qui se dessina sur son adorable petit visage. Il n'était pas plus inquiet que particulièrement contrarié. Tout au contraire. L'application qu'il mit à chercher quoi que ce soit de comestible autour d'eux prouva très clairement qu'il avait compris la complexité de la situation – sans en saisir la source –, et Setsuna glissa un regard tout aussi neutre que d'ordinaire à Kuro, près d'elle. Elle avait compris, sans même le regarder. Comme à chaque fois qu'elle l'avait fait, par le passé. Rien n'était sûr et, si elle ne présentait pas la moindre anxiété, la fine bulle invisible autour de leur fils se renforça imperceptiblement, alors même qu'il se penchait près d'une plante qui sembla le désintéresser l'instant d'après. Sans qu'il ne s'aperçoive de quoi que ce soit.

« Tu possèdes ton propre... Fan club ? »

Ce n'était pas un reproche. Pas plus que l'expression en elle-même n'était réellement appropriée, mais il comprendrait, probablement.
Que sa situation ne lui était en rien favorable, qu'elle savait qu'il disparaîtrait à nouveau, pour eux, et qu'elle l'accepterait, encore une fois. Qu'elle savait trop pertinemment que ces retrouvailles étaient aussi éphémères que le nom qui voletait au-dessus de sa tête. Qu'elle ne tarderait pas à l'attendre, encore, sans jamais s'en lasser. Sans jamais penser au fait que son éternité, à elle, finirait par engloutir sa courte existence, à lui.
Et le rappel à lui seul suffit à la faire imperceptiblement réagir, à la faire soupirer, brièvement, pour détendre ses muscles noués par la désapprobation que ce souvenir avait amené. Tu fais courir bien trop d'émotions incontrôlables en moi. Et, ironiquement, c'était également l'une des trop nombreuses raisons pour lesquelles elle l'aimait.

Il lui parlait à travers ses regards, ses gestes, sa respiration en elle-même. Il lui soufflait les moindres détails sans même le savoir – ou peut-être le savait-il, et elle se surprenait à l'aimer, un peu plus, à chaque fois qu'elle le regardait.
Chacun de ses mouvements, aussi infimes soient-ils, faisait vibrer en elle un nombre d'émotions bien trop insaisissables et elle s'accorda quelques instants pour les taire, peu excitée par l'idée de trop se laisser aller. Elle en avait déjà bien trop fait. En lui rappelant inutilement ce qu'ils savaient déjà tous les deux, elle n'avait été capable que de lui montrer ce qu'elle voulait elle-même se cacher.

« Maman ? »
« — Mon trésor ? »

Le sourire de Raiko réchauffa son cœur d'une tendresse sincère et elle s'empara délicatement des quelques baies qu'il lui tendit, juste après.

« Pourquoi est-ce que tu regardes Papa comme quand il était par--... Comme quand il n'était pas vraiment là ? »

La question lui arracha un haussement de sourcils surpris et elle détourna légèrement la tête, bien trop consciente du sous entendu qu'il hurlait à travers des mots pourtant innocemment amenés.

« — Tu en as trouvé d'autres ? » répondit-elle simplement, sans pourtant tenter de fuir la question.
« — Oui. »
« — Où sont-elles ? »
« — Papa m'a dit d'en ramener deux. »
« — Parce qu'il est à la fois très loin et très près. »

Sa voix avait résonné avec une franchise presque neutre, dénuée de tout sous entendu. Elle ne lui demandait pas de rester, ni de s'en aller.

« — Trop loin ? »
« — Très. »

Raiko sembla réfléchir quelques secondes mais décida finalement d'engloutir l'une des baies qu'il avait rapportées, visiblement détaché. Alors même que sa mère attendait la fin de ce qu'elle savait être une courte période d'assimilation.

« … D'accord. »

Il ne sembla pas se poser plus de question et, sans un mot de plus, Setsuna avala elle-même l'un des petits fruits reposant au creux de sa main.
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