« Quand la guerre fait rage, les déchirures ne se referment pas de sitôt. »
Marian Cross
Seeds of Destruction
Drinking music, playing Alcohol [PV Marijan]

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Micah
Dernier souffle, dernière prière, dernier mensonge. Pas un de plus, plus jamais
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Dernier souffle, dernière prière, dernier mensonge. Pas un de plus, plus jamais
Mar 5 Juin - 21:34
— Dire qu'il y a quelques jours t'étais encore cloué au lit.. Et là t'as même l'air... Mieux. Comment t'as fait pour t'en remettre si tôt ?
Heh, va savoir. Appelle ça un miracle, si ça t'amuse.

Tout sourire, je réponds ça à André, de ce ton plein d'une ironie évidente. D'une certaine façon, je te dis la vérité, André. Un miracle oui, mais pas un venu du ciel. Quant à savoir d'où il vient, ça, tu n'as pas besoin de l'apprendre. Je vais garder ce petit secret pour moi.

Je l'ai croisé lui et d'autres amis au détour d'un croisement, non loin de chez moi. J'étais... Pas loin de la façade, hésitant à toquer à cette porte. Puis j'ai décidé que non. Qu'ils n'étaient pas prêts, que moi non plus, je n'étais pas prêt. Plus tard. Oui, sûrement, plus tard. Quelques semaines, mois. Peut-être plus. Nous verrons bien.

— Ben voyons. On allait boire un coup, tu viens avec nous ?
Non merci, ça ira. J'ai assez bu pour toute une semaine, y a quelques jours de ça.
— C'est toi qui vois, nous on décolle, tu rejoindras si tu changes d'avis.

Un vague signe de tête, et je regarde le petit groupe s'en aller vers un bar non loin. Un bar qui va d'un coup d'un seul devenir bien bruyant, à leur arrivée.

Cette fois-ci j'ai menti, André. J'aurais bien partagé une bière avec vous, aujourd'hui, mais j'ai la tête pleine de trop de questionnements et pensées parasites pour apprécier une nuit de débauche à sa juste valeur. Ou plutôt, je n'ai pas envie de passer ma nuit à enchaîner les doubles discours et mensonges blancs, pour ne pas vous mettre en danger. J'vous connais, vous êtes curieux. Trop curieux.

Un dernier regard vers la porte que je n'ai pas osé franchir, quelques minutes auparavant. Puis mes yeux se reportent vers la lune, ronde et pleine dans le ciel. Plus tard, mais pas trop tard non plus.

Mes deux mains se perdent dans mes poches, et mes jambes commencent à vagabonder sur le pavé de la Ville lumière. Comme j'ai pris l'habitude de le faire dernièrement, j'entame cette marche sans but ni destination, direction l'inconnu, l'esprit plein de choses à ressasser.
Et comme à chaque fois, mon subconscient me joue des tours. À peine le temps de lever les yeux du trottoir que je me retrouve en face d'une enseigne frappée d'un sigle en forme de chope de bière. Un léger rictus sur mon visage. Quel menteur éhonté tu fais, Michael.

Alors oui, je vais boire ce soir, André. Mais sans vous. J'espère que tu ne m'en voudras pas.

Quelques mètres à l'intérieur de l'établissement, et déjà, mes yeux se portent sur le nom du bar, au-dessus du comptoir. « L'Instrumenterie ». à partir de ça, deux choses : mes yeux qui s'ouvrent un peu plus grand, pour remarquer les quelques instruments de musique ça et là sur les murs, puis mes oreilles qui perçoivent le son d'une musique encore lointaine avant mon entrée. Finalement, je regarde à l'extérieur pour me rendre compte que mes pas m'ont menés loin de mon petit quartier isolé, plus prés du centre-ville. Tseh. Pourquoi pas.

Je m'avance, puis commande une bière, l'oreille attentive – sans faire attention aux habituels regards sur moi. Des souvenirs qui reviennent au rythme des notes : Je me rappelle oui, ce soir où papa nous avait amené écouter un Orchestre. Malgré les finances qui ne s'y prêtent pas, il avait apparemment économisé pour ça. Le vieux avait toujours été mélomane à ses heures perdues...
J'y songe, un sourire un peu niais sur mon visage. Fut une époque où j'avais voulu apprendre le piano. C'est marrant de voir ce que les ambitions de gosse naïf deviennent avec le temps. De pianiste, l'on est passé à professeur, porteur du gêne Noah.

Et tant de choses qui sont passées entre ces deux. Ces mains jadis destinées à pianoter, ce sont refermées en poings bagarreurs qui ont distribués dizaines et dizaines de droites bien senties, dans les rixes de ruelle et de bar, les combats clandestins et autres bêtises de jeunesse. J'aurais aimé lire des partitions, je me suis retrouvé à lire des versets Bibliques. Drôle de parcours.*

Drôle d'envie, aussi.
J'ai bien envie de jouer du piano, là maintenant.
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Marijan Ivanović
La patience domine, jusqu'au jour où la bombe fait boom
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La patience domine, jusqu'au jour où la bombe fait boom
Mar 3 Juil - 16:20

Orbes brumeux toisant un tintamarresque cadran, les membranes lourdes d’une presque léthargie ; une silhouette s’élevait dans l’anonymat nocturne. Une main passant dans les mèches de jais pourvues d’épis, non sans une certaine mollesse dans le geste ; des doigts qui, a posteriori, se dirigèrent sur les traces de lippes entrebâillées. Négligeant de son propre état, nul regard ne fût porté vers les maigres bandelettes mussées en deçà du linge aux boutons défraîchis. Un détail, à n’en point douter. Tout du moins, n’était-ce guère suffisant pour faire pâlir le faciès de l’homme aux plumes profusément baignées dans le Carmin, les funèbres idéaux du berceau. Un geste illusionné, une manière de refermer la boite de Pandore avant que l’obscur ne s’en échappe ; une nécessité autant qu’une pénible habitude, las de ces redondances assourdissantes. Toutefois, cela s’avérait suffisant sur l’instant, en apparence.

Songeuses, les Olives scrutaient les aiguilles évanouies. Et déjà les pensées virevoltaient, à l’instar des pétales d’Orchis Purpurea virevoussant au contact du Kosava.

Je ne te demande pas d’être un homme. Je te demande faire ton devoir.
Je te demande d’être cette trompeuse marionnette. Je te demande d’être ce que j’attends de toi.
Non, je te l’ordonne.

Parce que c’est ce que faisaient les machines. Ces machines assassines nommés « Soldats ». Reconsidérer ce qui fût préalablement établi, reprogrammer le dispositif du cerveau, trop longtemps délaissé par les obscurs syllogismes d’un foyer dépeuplé ; Igitur qui desiderat pacem, praeparet bellum, affirmaient-ils, vêtus de leurs mensonges, à l’image d’une bête traquant sa proie.

Sombre connerie. Vaste blague. De mauvais goût, qui plus est.

Coi, un souffle franchit toutefois la barrière des lèvres. Une condition acceptée des années durant, exécutant inlassablement les ordres comme l’assassin qu’on le nommait. Il était un outil, et les outils ne réfléchissaient guère ; c’était ce qu’on lui avait appris, jadis. Qu’importe les ressentiments, les incohérences à naître, les perturbations grandissantes à l’image d’un fil décousu ; ils ne possédaient pas même l’ombre d’une place dans l’esprit des agents de leur trempe. Ne demeurait qu’une nature reniée et, en cela, Marijan chancelait.

L’émergence des épreuves ; tortueuse conscience d’une ampleur grandissante.

Coites prunelles pers comme enracinées dans ses semblables flavescentes, guettant la scène d’un recoin de la pièce nocturne. En revanche, nulle trace d’une lueur mutine, comme à l’accoutumée. Au contraire, s’amplifiait davantage ce pâle éclat d’une ennuyeuse irritation.

— Cesse de geindre, et cherche les réponses par toi-même, sale gosse, hm ? C’est bien le genre de phrases que tu sortirais dans ces moment-là…

Un maigre rictus se dessinant le long de la commissure ; un rôle disparu sans laisser la moindre trace, tant est si bien que les machinations s’installaient, à l’instar de l’image d’un aîné faites de réminiscences. C’était tout ce qu’il restait de lui, après tout. D’Eux. Une mascarade qui n’avait que trop durée, mais pour autant perdurerait vraisemblablement des années encore. Synonyme d’incapacité, de faiblesse. Parfois était-ce le cas, tout du moins.

Des cendres éparpillées dans une cheminée …  C’était nous, Emilijan.

Sans un bruit, les mirettes Glauques roulèrent en direction du bas de la porte : une entrée vide, aujourd’hui également. Force était d’avouer que les activités s’avéraient plus tranquilles, dernièrement. Peut-être parce qu’il rentrait juste de l’expédition en Inde ; une possibilité à ne pas écarter dans l’immédiat. Dans tous les cas, il lui fallait patienter jusqu’à ce qu’une nouvelle lettre fasse son apparition. Une Faucheuse de papier, quelle ironie.

Une chemise attrapée à la volée, boutonnée d’un mouvement assuré autant que lassé. Ce manque de contact ne représentait guère du négatif, en soi. Parce que celui lui fournissait l’occasion de mettre le nez dehors, de mener une vie approximativement normale. Mais au fond, qu’était-ce que la normalité ?
Un étui volant jusque sur l’épaule, non sans une certaine douceur. Et, armé de son précieux instrument, s’entamait la descente dans les rues de la ville Parisienne ; une bouffée d’air frais, mais également de travail. Car Marijan ne se la coulait pas douce, lorsque le calme dominait les obligations. Nul temps de flâner, alors même que ses pieds avançaient sur les pavés aux rythmes des musicos postés ici et là.

« L’instrumenterie ». Un regard furtif se posa sur la montre trônant sur le fin poignet, avant de pénétrer dans l’établissement un sourire au coin des lippes. D’un jeu de main, il salua le serveur d’ores et déjà à son poste, sous l’œil observateur du patron.

— Ah ces jeunes, toujours à arriver à la dernière minute pour se faire remarquer. Un rire résonna, tandis qu’une bière arrivait entre les mains d’un client.

— Ne dis pas ça comme si tu étais vieux, Charlie. Surtout pas quand on sait tous que tu es le plus jeune, ici. Ça fait tâche. Une pause, alors qu’il s’apprêtait à passer la porte des vestiaires. On discutera plus tard. Le temps de me préparer, et j'arrive

— T’as plutôt intérêt, oui. C’est qu’il y a du monde ce soir…

Ne restait qu’à revêtir le déguisement, et faire illusion. Une fois de plus. En somme, cela se limitait à passer la soirée à servir dans la plus agréable des ambiances, écoutant les hommes trop alcoolisés larmoyer sur leurs erreurs passées et leurs craintes, leur servant toujours plus de l’enivrant liquide. Fort heureusement, la salle se voulait musicale, et de nombreux instruments trônaient de part et d’autre du bâtiment, prêt à servir les plus habiles d’entre eux. De ce que Marijan avait compris, le patron avait toujours eu une âme de musicien, sans pour autant se voir offrir l’opportunité d’apprendre. Alors, disons que le rêve s’était réalisé d’une manière différente ; un homme chaleureux, en y repensant.

Les âmes entraient et sortaient ; il s’agissait d’une chose commune ici, tandis que d’autres enchaînaient les allées et venues au milieu du matériel. Une bière fût alors commandée, arrachant le Serbe à ses pulsions musicales. Peut-être plus tard.

— Une bière Blonde, Rousse, Brune, Blanche ?

Un étirement des lèvres, le brun commençait toutefois à perdre patience. Ô cela n’était guère leur faute, mais il devenait usant d’être dans l’obligation de répéter les mêmes phrases toutes les trois minutes. Parce qu’ils n’y pensaient pas, ou ne connaissaient tout simplement pas. D’un mouvement, le robinet laissa le liquide couler dans le contenant de verre, avant d’être placer devant l’Inconnu à la lueur absente.

— Et voilà pour vous.

Un arrêt, un instant durant, avant que le corps ne se penche dans sa direction, une mimique presque amusée.

— Vous savez, quitte à dévorer le piano des yeux, autant prendre place sur le banc et pianoter sur les touches. Il est là pour ça : le patron est un passionné, alors sans doute voulait-il un endroit chaleureux pour permettre aux gens de partager leurs talents... Alors n’hésitez pas si l’envie vous prend.

Dans toute son attention habituelle, comprendre l’intérêt pour l’instrument ne s’était guère montré compliqué pour le soldat. Une attention affirmée, tant est si bien qu’un faible sursaut naquît lorsqu’on l’interpella à quelques mètres de là, entremêlant cris et gestuelle excessive.

— Eh. Ça fait longtemps que tu nous as pas joué un truc. Allez, viens !

La gêne. Entre les habitués et les autres employés, c’en était parfois à se demander qui était les plus enfants de tous. En silence, un souffle passa la barrière des lippes, accompagnant des yeux brièvement clos. Paupières finalement rouvertes, après quelques instants, alliant un hochement de refus de sa main.

— Peut-être plus tard, William. Si l'occasion se présente.Une nouvelle fois, les perles Céladon se fixèrent sur l’étranger au comptoir, celui-là même qu’il soupçonnait vouloir tâter du piano. En tout cas, Faîtes comme chez vous.


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Micah
Dernier souffle, dernière prière, dernier mensonge. Pas un de plus, plus jamais
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Dernier souffle, dernière prière, dernier mensonge. Pas un de plus, plus jamais
Mar 3 Juil - 21:57
«  Une Rousse, s'il-vous-plait. »

Je réponds rapidement, l'air encore un peu dans les étoiles, les pensées trop vagabondes pour accorder trop d'attention à mon entourage. Mémoires et souvenirs, mais aussi pensées noires et réflexions pour l'avenir. « Peu importe », aurais-je pu répondre à la question, parce que la boisson n'était ici en réalité qu'un prétexte. Mais soit : quitte à ce que c'en soit un, autant qu'il soit agréable à consommer.

Un vague remerciement de la tête lorsque mon verre arrive, et j'entame la première gorgée, mes yeux posés sur le piano non loin. Mémoires de musique, images de partition. A l'époque, je n'ai jamais eu l'occasion d'étudier ces feuilles pleines de notes assez longtemps pour vraiment apprendre quoique ce soit. Ma dizaine de petits droits maladroits qui jouent difficilement avec un clavier, alors que je n'étais encore pas assez grand pour monter sur le banc du piano sans une certaine peine. Souvenirs lointains, mais marquants. Parce que même si ce jour-ci, je n'ai fait que casser les oreilles de tous autour de moi, j'étais surtout simplement un gosse qui avait pu s'amuser, partager quelque chose avec le paternel.

Autre chose que les sermons et disputes qui parsèmeront notre relation quelques années plus tard.

Le sourire sur mes lèvres devient un peu plus amer, alors que j'y songe. Puis finalement, un léger soufflement de nez. J'aimerais pouvoir dire que les choses se sont arrangées, depuis le temps. Mais... Mais ce que je suis maintenant rend tout ça bien plus compliqué, n'est-ce pas ?
à peu prés aussi compliqué que c'était à l'époque, d'accorder les notes de cet instrument.

La réflexion m'arrache un air ironique, désabusé. Enfin, mes oreilles jusqu'ici concentrées sur la musique viennent à écouter le serveur, prés de moi. Mon regard se pose pour la première fois réellement sur lui, alors que je sors doucement de ma bulle. Un petit brun, autour de mon âge de ce que je peux en juger, avec un léger accent... Britannique, je crois.

« Hm. Je ne suis pas sûr qu'il y ait réellement matière à parler de Talent, en ce qui me concerne ». Première réponse, un rictus amusé aux lèvres, puis mes yeux font un aller-retour entre le serveur et le piano. J'entends qu'on l'interpelle plus loin, à réclamer une performance. Ainsi le service serait-il lui aussi versé dans l'art des instruments ? Tseh. Je ne suis pas sûr qu'il y ait matière à parler de talent, oui, mais...

« Mais j'imagine ne rien perdre à me risquer à l'exercice, après tout. »

Un mince sourire, et une de mes mains s'appuie sur le comptoir tandis que je me lève. Sans me presser, mes quelques pas me mènent jusque devant le grand piano. Dans la même lenteur, je m'assied sur le banc, puis fixe l'instrument, l'air... Concentré.

**

Et la mémoire s'active, de nouveau. Micah a toujours été du genre nostalgique, contemplatif, mais depuis qu'il est ce qu'il est devenu, cet exercice est encore différent.
Il ne se contente plus de « vaguement se rappeler ». Il se rappelle, tout simplement. De tout, dans le moindre détail, capable de réanalyser ce qu'il n'a pas compris par le passé, pour l'étudier avec les capacités du Micah d'aujourd'hui. Alors devant ce piano, il fait l'effort, oui. Se rappeler de ce qu'on avait tenté de lui apprendre il y a des années de cela. Les différentes notes, comme accorder un piano, lire une partition. Il se rappelle aussi de l’œuvre qui l'avait le plus marquée, lorsque son père l'avait ramené écouter diverses représentations. Oui il se rappelle. Très bien. Trop bien.

Instinctivement, ses doigts commencent à s'approcher des touches de l'instrument, assurés et agiles.



Oui, il joue. Très bien. Trop bien.
Les mouvements lui viennent trop naturellement, pour celui qui il y a quelques années encore ne faisait que balbutier maladroitement de l'index sur les notes d'un vieux piano. Il se rappelle trop bien de la mélodie et de toutes ses exactes nuances, ça alors qu'il ne l'a entendue qu'une fois, il y a bien dix ans de cela. Et finalement, peut-être le plus indécent dans tout ça : il se risquerait même à dire qu'il joue mieux que le pianiste de cette représentation, à l'époque.

Les minutes passent, et sa maîtrise inexpliquée ne faiblit pas, bien au contraire : chaque secondes à jouer l'aide à un peu plus assimiler ce qui lui a si longtemps échappé. Concentré, dans son propre petit monde, il ne fait pas attention aux gens bouches bées dans l'établissement : il est trop occupée à être sans voix face à sa propre démonstration.

Même si furtivement, sans vraiment se l'avouer pour le moment, une part de son esprit devine d'où vient cet inexplicable, presque surnaturelle maîtrise d'un instrument de musique si longtemps délaissé.

Encore quelques autres minutes, et les notes finales retentissent pour achever la performance du jeune Parisien.
Les paumes tournées vers soi-même, Micah arbore un air perdu sur le visage. Perdu entre l'incrédulité, et une forme de... Plaisir, quelque chose de grisant. Une sensation de pouvoir qui monte, pour diminuer le doute au coin de son esprit.

« Je pensais avoir rouillé un peu plus que ça, depuis le temps... »
Murmure-t-il à lui-même avec un sourire espiègle, en une arrogante ironie.
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Marijan Ivanović
La patience domine, jusqu'au jour où la bombe fait boom
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Sam 28 Juil - 10:24

— Hm. Je ne suis pas sûr qu'il y ait réellement matière à parler de Talent, en ce qui me concerne. Mais j'imagine ne rien perdre à me risquer à l'exercice, après tout.

Coi sourire esquissé au coin des lippes ; une âme râleuse prenait d’ores et déjà part à la mélodieuse ambiance. Encore un gars avec un balais dans l’cul. L’imagination d’une enjoliveuse voix absente, exclamant ces quelques mots à quelques mètres de lui. S’il l’avait suivi jusqu’ici, tout du moins. Car, pour une fois, Sam brillait par sa non-présence : Un fait particulièrement rare, pour l’arapède ainsi nommée. Ne restaient ainsi qu’une réplique illusionnée, et la naissance d’un éclat de rire ; une pêche ainsi fendue, maladroitement dissimulée dans une bouche close, tandis qu’une main s’installa au devant, veillant à ce qu’elle  demeure scellée. Et, de ces perles devenues amandes, il observait la silhouette s’éloigner.

Mais le chimérique Sam se trompait, c’est ce que lui affirmait l’instinct. Car le soldat, lui, ne percevait que l’âme d’un homme aux occasions envolées. Nulle trace d’une quelconque modestie  - malgré une possibilité non négligeable ; une simple existence qui, pour une raison ou pour une autre, avait cessé d’exploiter les arts et jeux de la musicalité depuis bon nombre d’années.

Premières touches arpentées ; une hésitation enfouie sous des couches de notes. L’hypothèse se vérifiait, en un sens. Les aiguilles du temps s’avéraient parfois bien capricieuses, à l’image d’un enfant en quête d’attention, et l’inconnu en avait fais les frais.
Paupières brièvement fermées ; des mèches de jais se mouvant  discrètement vers la droite en un geste machinal. Une vie, une envie débordante de jouer plus encore, ne jamais s’arrêter. Tout cela, Marijan le ressentait. Et, lorsque les membranes s’ouvrirent à nouveau, ne restaient que ces Orbes flavescents le toisant au coin d’un mur. Empreint d’une remarquable patience, il guettait au loin ; et l’Ivanovic se sentit submergé.

— Un whisky, une pinte de Blanche, et un vin rouge. Je vous apporte ça.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Des contenants d’ores et déjà déposés sur le comptoir, des têtes hochées en guise de remerciements aléatoires. Puis, les  brillantes sphères se portèrent à nouveau sur l’Homme au Piano, qui n’avait – semble-t-il – pas encore quitté les lieux. Regard roulant jusque vers les collègues d’un soir, parfois plus, et un étirement naquît aux commissures.

— Vas y.

Deux mots. Deux seuls mots suffisaient pour que le militaire s’engouffre dans la foule, son étui à portée de main. Juste quelques instants, pas longtemps. Mais lui aussi, ressentait le désir de toucher du bois.

— Le talent est une notion abstraite ; tant que le désir est présent, le talent demeure. D’une manière ou d’une autre.

La voix retentit, tandis qu’il stoppait son insatiable course dans l’instant suivant. Parvenu à ses côtés, fallait-il encore désormais émettre la possibilité d’une tentative nouvelle.

— C’est ce qu’aurait probablement dit le Patron, s’il vous avait entendu. Une pause, le temps que le  Petit - Monstre de bois  ne quitte définitivement sa protectrice couverture. Vous. Vous aimez la musique, n’est ce pas ? Le piano vous apportait quelque chose. Quelque chose que vous pensiez perdu, à en croire votre expression, hm ?

Doigts accordant l’objet d’un geste assuré ; des billes Céladons naviguant vers lui, une fois la mise en place terminée.

—Tentons quelque chose. Simple phrase, pourtant lourde de sens. Vous débutez, et je me cale sur votre rythme.

Un son tout d’abord bas, s’élevant finalement dans la pièce, captant brièvement l’attention.

— Les gars, soyez pas trop durs, hein !

Ambiance légère aux sourires amusés. Ne persistait que cette main passant derrière l’oreille, y plaquant quelques mèches ébènes. Cela, et un fallacieux minois de prime abord gêné.


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