« Quand la guerre fait rage, les déchirures ne se referment pas de sitôt. »
Marian Cross
Seeds of Destruction
Thé ou café ? (Ft Hecate)

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Thé ou café ? (Ft Hecate)
Anne Hathaway
Guérir, certes... Mais ne peut-on considérer la vie comme une maladie ?
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Guérir, certes... Mais ne peut-on considérer la vie comme une maladie ?
Jeu 18 Oct - 16:57

   
Thé ou café ?
Anne & Hécate
La nuit tombe. Décidément ça a été une sale journée c'est une sale soirée et ça s'annonce une sale nuit. Une route de campagne perdue au milieu de la Russie, la pluie, la boue, la tête d'imbécile du guide et son regard vide d'abruti fini.... Je n'ai pourtant fait que demander à combien de temps nous étions de la fin de l'étape. On m'a pourtant assurée qu'il parlait couramment l'anglais et le français quand je l'ai engagé ; on m'a aussi assuré je pouvais lui faire confiance et c'est la troisième fois que nous passons devant ce groupe de rochers.  S’il me prend pour une étrangère facile à racketter ou emberlificoter, il va avoir la surprise du siècle. Je suis fatiguée, excédée par ma longue quête infructueuse et couverte de boue. Ce n’est donc pas vraiment le moment de me prendre pour une imbécile.

Vite une grande respiration, un appel à la raison "je vais bien je suis calme je ne vais pas le tuer je serais incapable de me débrouiller sans carte dans ce marais, je me calme, je respire, tout va bien, souviens-toi de ton éducation Anne, une dame ne perd jamais son sang-froid en public"...

Reprenons : sourire, et même question plus lentement

"- pensez-vous que nous soyons loin de la prochaine halte, mon brave ?"

Même regard vide. Bon tant pis pour mon éducation

"-Tu as 3 secondes pour me dire quand on arrive ou je te vide de ton sang" là il réagit (sûrement à cause de la lame de stylet qui vient de se coller sur sa carotide)

"-Dddddans quequ'temps, mdame".  

On n'avance pas. J'appuie sur la lame ou je tente une autre fois ? je regarde la route et je soupire

"-Combien de temps ?"

"-jsais pas, un ou deux bouts d'chandelle ?"

Ok, cet endroit est encore plus oublié du monde que je ne le pensais. Combien cela prend-il de temps pour brûler, un bout indéterminé de chandelle de suif ? Aucune idée. Mais qu'est-ce qui m'a pris de me lancer dans cette recherche stupide ?

Enfin, ce n'est pas en faisant du sur place sur un sentier boueux que je vais le savoir. Je relâche le plouc de service et je lui fais signe de reprendre la route. Cette fois, il s’exécute avec un empressement qui me fait deviner qu’il a oublié l’idée de me détrousser au détour du chemin.
Il faut vraiment que ce soit la dernière piste qui me reste pour que je consente à continuer de marcher dans ces bois humides et sombres. Deux mois à arpenter les routes, à m’arrêter dans toutes les auberges, tous les hameaux pour tenter de séparer le vrai du faux des histoires ancestrales. Je ne savais pas que je pouvais survivre à des conditions pareilles. J’en suis à rêver de ma chambrière anglaise, celle qui me tirait les cheveux en les brossant lorsque j’étais enfant. Au moins, elle avait le mérite d’exister !

Pour la centième fois au moins, je me répète les arguments, les motivations qui m’ont fait débuter ce voyage à travers la Russie :  

UN : cet homme à capuche a fait une drôle de réflexion en me donnant mon « cadeau », une réflexion qui, connaissant le personnage et avec le recul, était tout sauf anodine « on avait la mort, à présent on a la vie » ;

DEUX : mon but à moi est de comprendre comment fonctionne le don de ma lignée, comment je fais pour régénérer les tissus, pour faire revenir la petite étincelle qui fait la différence entre la vie et la mort ; ces deux-là ne sont que les deux faces d’une même médaille ; peut-être que le personnage dont parlait l’homme au capuchon pourra m’aider à résoudre l’énigme.

TROIS : il n’y a que dans cette partie du monde et plus précisément dans cette partie de la Russie qu’existe une telle quantité de légendes et de contes sur les morts-vivants et un maître des morts, et que la police est si discrète et évasive sur le sujet qu’il est facile de voir qu’elle ne veut surtout pas avoir affaire à ce genre de mystère. Et surtout, personne, ni officiellement ni officieusement, ne rit à propos de ces légendes, ni ne les appelle des «contes de bonne femme », comme dans le reste du monde connu.

Si dans trois jours je n’ai toujours rien trouvé, je retourne à St Petersbourg et je suis sûre qu’Alexandre ne verra aucun inconvénient à me prêter à nouveau son appartement. Il y a encore toute une aile de la bibliothèque impériale que je n’ai pas encore explorée. En plus, on ne doit plus être très loin du grand bal de l’Ermitage et je tiens absolument à y assister. J’ai l’impression de ne plus avoir dansé depuis une centaine d’années. Cela me fera du bien…
En marchant, je me surprend à soupirer après un bain chaud parfumé à la lavande et à la fleur d’oranger, à un feu de bois pétillant dans une cheminée et à un lit chaud et profond…..  et des pectoraux chauds, doux et bien dessinés devant le feu. Moui….

A ce moment de ma rêverie, j’ai l’impression de percuter un mur. Mon guide s’est immobilisé brutalement, et je viens de rebondir sur sa veste malodorante. Dure transition !

Au moment où j’ouvre la bouche pour lui exprimer ma façon de penser en des termes qui ne sont pas ceux qu’une dame utilise en temps normal, j’aperçois devant lui la raison de son arrêt : deux énormes formes noires aux yeux rougeoyants barrent le chemin. Je retrouve instantanément mon sang-froid et pousse le guide sur le côté. Ce genre de manifestation n'est pas la marque de n'importe quel sorcier. C’est le moment que j’attendais.  Je m’avance comme à la cour de Victoria.

–« Bonjour, ou plutôt bonsoir. Je suis à la recherche du Maître des Morts. Vous faites preuve d’une telle puissance que je pense que vous pouvez m’aider dans ma recherche. Verriez-vous un inconvénient à le faire ? »

Je sais, un peu plus de diplomatie ne nuirait pas, mais cela fait deux mois que je n’ai pas vu d’eau chaude, et ma patience est à bout. C’est le mieux que je puisse faire et zut.

   
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Jeu 1 Nov - 17:24

ENTRETIENT AVEC
UNE SORCIÈRE


La flamme de la bougie diffusait une douce lueur alors que je fermais le livre dans lequel je m'étais plongée toute la soirée. Lecture intéressante certes mais qui ne m'avançait pas tant que ça sur mes recherches. J'avais passé une grande partie du premier siècle offert par l'Empereur à faire un tour de toutes les caches connues de l'Augure et collecter toutes les informations qui m'intéressaient. Mais même avec ces connaissances je n'arrivais pas à trouver beaucoup d'informations sur mon Art et comment je pouvais l'améliorer. Pas très utiles ces sorciers. Pas un seul idiot utile. J'aurais aussi pu demander à l'Empereur mais avec son sens de l'humour tordu, il aurait été capable de m'envoyer chercher l'Atlantide sur de simples rumeurs. Je poussai un soupir et, tout en attrapant ma tasse de thé, je me levai et allai me poster devant la fenêtre. A l'extérieur la nuit était tombée depuis un moment et avec ses eaux noires, le lac sur lequel trônait ma demeure ressemblait au Styx. Je bus une gorgée du liquide ambré que j'aimais beaucoup et accédai à "l'Espace mental" comme je l'appelais.
Un endroit dans mon esprit ressemblant au ciel étoilé, un fond noir sur lequel se posait des étoiles blanches. Au milieu de cet espace, un trône posé sur une plateforme circulaire. De cette plateforme partaient des fils blancs le connectant à chaque étoile. Chaque étoile était une marionnette que je contrôlais. Elles étaient regroupées dans des zones suivant leur importance. Plus elles étaient près de moi, plus je leur donnais de l'énergie et elles étaient puissantes. Il n'y avait que deux esprits dans le cercle le plus rapproché du trône. Mes deux fidèles chiens. Les autres étaient entre la troisième et cinquième zone, celle ci étant la dernière.

Je passais ma main mentale sur chaque fil, vérifiant que mon expérience du moment fonctionnait. Il s'agissait d'implanter des "ordres" dans les fils et laisser le pantin les exécuter. C'est comme cela qu'un garde pouvait faire sa ronde sans que j'ai à le "piloter" moi même. Satisfaite des résultats, je m'intéressai à présent à Tchart et Baël. Ils patrouillaient dans la végétation qui entourait le lac. C'est grâce à eux que plus aucun curieux ne venait m'embêter. Ils s'étaient avancés entre la foret et les marais, intéressés par quelque chose.
Curieuse, je saisis le fil de Baël et me retrouvais dans la peau du chien de l'enfer qu'il était. Devant moi, ou plutôt devant Baël, un homme s'avançait de plus en plus loin dans la forêt, suivant le chemin qui menait chez moi. Je le détaillais à peine. Pas plus intéressant qu'un paysan. Ce qui retint mon attention ce fut la femme qui le suivait. L'homme qui devait être son guide ne semblait pas enchanté de la conduire par ici, et semblait même en avoir peur. Intéressant. Je fis se rapprocher les chiens, les suivant, trop loin pour qu'elle les remarque, mais suffisamment près pour que les sens de mes animaux puissent tout capter. Je perçus son aura magique et rapidement la comparai à celles que je connaissais déjà. Nope inconnue au bataillon.
J'étais intriguée mais je n'avais aucune envie de voir des sorciers traîner autour de chez moi. Vraiment aucune. Cependant, pour arriver jusque chez moi, il fallait soit, être extrêmement persévérant, curieux et courageux -j'avais fait mon possible pour être le cauchemar des locaux-, être suicidaire (on ne sait jamais), faire partie de l'Augure -dans ce cas c'était très simple car toutes les caches pouvaient donner l'emplacement des autres caches- ou si on continuait sur ce chemin là, avoir trouvé une cache défectueuse. Le second, je pouvais m'en occuper sans problème et sans remords. Le premier pouvait être divertissant. Quant aux deux derniers, ils réservaient des surprises.
Je savais qu'il y avait une autre personne de l'Augure que je n'avais pas rencontrée. Kale et Klaus étaient ... mignons mais leur humour laissait à désirer, même si j'avais une préférence pour Kale. Klaus ... tournait trop dans le dramatique pour moi. Gabriel, lui, disons qu'on est amis intimes. Setsuna, hé bien, dans le même registre que Klaus. Et il en restait un que je ne connaissais pas. C'était peut-être elle ? Dans le dernier cas, si sa présence chez moi était une conséquence d'une cache défectueuse, alors il faudra que nous discutions. Et si je ne suffis pas, j'inviterai Kale à se joindre à nous. Une cache défectueuse était un gros problème qui touchait tout notre groupe et il devait être résolu au plus vite.

Dans tous les cas, il fallait d'abord que je l'approche pour déterminer mes futurs mouvements. Je fis avancer Tchort et Baël jusqu'au milieu de la route. Le guide les aperçu et s'immobilisa, comme pétrifié de peur. Je retins un sourire de satisfaction. La femme, elle, n'hésita pas à s'approcher de mes deux compagnons comme si elle était face à un monarque. Cette femme avait de bonnes manières. Elle passa de : juste intéressante, à : vraiment intéressante.

- Bonjour, ou plutôt bonsoir. Je suis à la recherche du Maître des Morts. Vous faites preuve d’une telle puissance que je pense que vous pouvez m’aider dans ma recherche. Verriez-vous un inconvénient à le faire ?

Alors comme ça elle me cherchait ? Et que de compliments en plus. Tchort remua les oreilles et en réaction à mon intérêt, Baël pencha la tête sur le coté. Après une demande pareille, je ne pouvais qu'accepter de la rencontrer. Tchort passa derrière la femme et gronda à l'intention du guide. Ce dernier parut s'évanouir mais avec empressement il fit demi-tour, trébucha, et se mit enfin à courir pour rentrer chez lui. Cet importun enfin parti, je sortis de Baël et ordonnai à mes deux animaux de guider mon invitée jusqu'à la maison. Ils en avaient pour dix, quinze minutes à peu près, entre le chemin pavé et la barque pour arriver sur l'île. Revenue dans mon corps, je souris et allait chercher mon majordome. Sur mes instructions il envoya un homme amener la barque jusqu'au ponton sur la rive. Il devra attendre que mon invitée arrive et la fera traverser les eaux sombres. Ensuite il la conduira jusqu'au château et donc jusqu'à moi.

Elle venait d'arriver. Je remerciai mon majordome, lui demandant de la conduire jusqu'au grand salon dans lequel je me trouvais. Nous allions enfin en savoir plus.



© FICHE D'APOLLINA POUR LIBRE GRAPH
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